3 initiatives de restaurateurs

3 initiatives de restaurateurs pour rester actifs pendant la crise

Depuis le 14 mars, tous les restaurants et bars français ont dû fermer leurs portes au public afin de freiner la propagation du Coronavirus. Baisse d’activité, personnel au chômage partiel, trésorerie sous tension, les restaurateurs font face à des problématiques inédites qui fragilisent l’avenir de leurs établissements. 

Pourtant, cette période est aussi celle de l’innovation et de la solidarité pour le secteur. Livraison, repas solidaires, redistribution des stocks, les restaurateurs font preuve d’inventivité ! L’équipe Libeo échange quotidiennement avec ses clients et nous avons eu envie de partager 4 initiatives qui vous donneront surement des idées.

 

Victor et Charly : préparer et livrer des repas aux hôpitaux

Le restaurant Victor et Charly, également connu sous le nom de Brasserie Bellanger, veut faire revivre le secteur de la brasserie typique Parisienne. L’équipe travaille exclusivement avec des produits sourcés en circuit court et réalise une cuisine traditionnelle 100% fait-maison. 

Comme beaucoup de restaurants en France, la Brasserie Bellanger subi les conséquences de la crise sanitaire du Covid-19 : leurs portes sont fermées depuis le 16 mars. Pourtant, porté par la volonté d’aider à combattre ce virus, l’équipe s’est mobilisée pour cuisiner et livrer des repas au personnel hospitalier. 

Pour cela, le restaurant travaille avec deux plateformes :

  • Protège ton soignant : une plateforme qui collecte des dons auprès des citoyens pour réaliser des commandes utiles au personnel médical des hôpitaux (masques, appareils pour relever la température, blouses, gants mais aussi des repas). 
  • G besoin 2 : un réseau d’entraide à destination des personnes fragiles et isolées qui ne peuvent pas se déplacer. La plateforme met en relation bénévoles et demandeurs d’aides.

 

Comment ça marche ?

Le fonds de solidarité “Protège ton soignant” verse de 3 à 4 euros par repas que Victor et Charly produit. Les bénévoles de “G besoin 2” se chargent de fournir l’emballage des repas et de les livrer aux hôpitaux. Les repas sont livrés à l’Hôpital Lariboisière, le plus proche du restaurant.

Aujourd’hui, le restaurant produit entre 80 et 150 repas par semaine. Évidemment, l’organisation de l’équipe a été repensée pour assumer cette production tout en respectant les normes de sécurités sanitaires imposées par l’État. Le restaurant ouvre spécifiquement 3 fois par semaine avec 4 cuisiniers qui portent des masques. En revanche, leur carte n’a pas été modifiée : ils réalisent les recettes habituelles de la brasserie pour le plus grand plaisir du personnel des hôpitaux. 

 

Liberty’s Burger : faire de la livraison à domicile

Liberty’s Burger, installé proche du marché d’Aligre dans le 11ème arrondissement de Paris, propose des burgers gourmands et réconfortants. Leur mantra : le plaisir n’est pas un crime !

Avant la crise, le business model de Liberty’s Burger était majoritairement centré sur le service en salle. Le restaurant avait déjà mis en place un service de livraison à domicile en passant par des plateformes de commande (Uber Eats, Deliveroo, Just Eat…) mais ce canal de distribution restait minime par rapport à l’activité en salle. 

Face à la mise en place du confinement, Valéry Arnoul le fondateur de Liberty’s Burger a été contraint de repenser toute l’organisation de son équipe et les canaux de distribution de son restaurant. L’objectif ? Répondre aux nouvelles attentes de sa clientèle confinée et continuer de générer des bénéfices pour survivre à la crise sanitaire.

Naturellement, la livraison à domicile est rapidement devenu le principal canal de distribution de l’enseigne : “J’étais vraiment surpris. Dès le premier jour, on était submergé de commandes à tel point qu’on a du éteindre notre tablette pour assurer les commandes déjà émises”, explique Valéry.

Le délai de production et de livraison est le facteur clé de succès de la livraison à domicile. C’est pourquoi l’équipe de Liberty’s Burger s’est totalement réorganisée pour optimiser son temps et assurer un rythme de production soutenu :

  • La salle du restaurant a été réaménagée : les tables de la salle ont été disposées de façon à former une chaîne de travail pour les cuisiniers, qui respectent les normes sanitaires ; 
  • La carte a été simplifiée afin, d’une part, d’être le plus claire possible pour les clients, d’autre part, de permettre aux cuisiniers d’envoyer les plats rapidement ; 
  • Le contact avec les livreurs a été réduit au minimum : un espace, devant la fenêtre du restaurant, a été aménagé pour stocker les commandes prêtes, au chaud. Les livreurs récupèrent les commandes par la fenêtre. Ils ne rentrent jamais dans l’établissement ce qui limite les risques. 

 

Liberty’s Burger informe sa clientèle via ses réseaux sociaux (exemple de stories Instagram) :

lybertys

Valery conseille également de maintenir une expérience client lorsque la livraison à domicile est mise en place : belles photos sur les sites de commandes, identité de marque forte et présente, éléments personnalisés glissés dans la commande etc… Autant de petites attentions qui permettent de créer et maintenir du lien avec ses clients, une denrée rare en ces temps de confinement.  

Grâce à cette organisation infaillible, Liberty’s Burger a réussi à doubler son chiffre d’affaires depuis le début du confinement. L’enseigne a également mis en place un système de vente à emporter mais ce dispositif ne représente pour le moment que 5 à 10% de son chiffre d’affaires. 

 

Holybelly : éviter le gaspillage 

Après plusieurs années à l’étranger, au Canada et en en Australie notamment, Nicolas Alary et Sarah Mouchot posent leurs bagages à Paris et ouvrent Holybelly au coeur du Canal Saint Martin. Le café devient rapidement un incontournable pour les amateurs de brunch de la capitale et le couple ouvre une deuxième adresse dans la même rue en 2017.

Le 14 mars, juste avant l’annonce officielle de la fermeture obligatoire des restaurants, Nicolas et Sarah apprennent qu’ils vont devoir fermer les 2 restaurants immédiatement. Ils agissent rapidement pour gérer l’urgence de l’administratif : décaler les échéances, s’occuper de leurs 34 salariés et tout mettre en place pour préserver la trésorerie.

En parallèle, que faire des 10,000 euros de marchandises stockés dans les frigos : oeufs, lait, pâte à pancakes, pain, brioches, légumes… de quoi nourrir 600 personnes. Plutôt que de gâcher, le couple de restaurateurs décide de tout donner et annonce l’opération de distribution sur Instagram : les participants doivent venir avec leurs contenants. Un succès, tout partira en quelques heures à peine.

 

 

Lors de son intervention dans notre webinar du 16 avril organisé en partenariat avec Tiller, Nicolas nous explique qu’il pense désormais à la reprise. Les informations communiquées par le gouvernement sont encore vagues pour le secteur – notamment sur la date de réouverture des restaurants. Le Click & Collect (livraison à emporter) est une option qu’ils envisagent pour pouvoir remettre l’équipe au travail tout en respectant les consignes de sécurité et éviter de faire sortir les livreurs en pleine épidémie. .

Holybelly a également mis beaucoup de chose en place pour maintenir le lien au sein de l’équipe et avec ses clients. Pour Nicolas, ce qui fait la qualité d’un restaurant c’est l’entente, la cohésion entre les salariés. Pour garder l’équipe soudée, ils utilisent Flock, un équivalent de Slack, Workplace aussi, Whatsapp pour discuter. Côté client, Instagram est un super outil pour communiquer sur le quotidien, montrer ce qui est mis en place, les problèmes et les solutions….de quoi continuer à échanger en attendant de retourner dans les lieux de vie. 

***

Cette période difficile voit les restaurateurs mettre en place de belles initiatives de solidarité. Le 11 mai nous verrons le début du déconfinement, même si la date de réouverture des restaurants n’est pas encore annoncée. En attendant, nous avons lister quelques plateformes qui permettent aux restaurateurs de vendre des “bons pour un repas”. De quoi garder le contact avec ses habitués et anticiper les réjouissances dès le retour à la vie normale.

 

interview adar libeo

 

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