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Auto-entrepreneur(e) : devez-vous prendre un expert-comptable ?

Créer sa microentreprise, c’est devoir gérer soi-même sa comptabilité. Une tâche complexe et chronophage, à laquelle les micro-entrepreneurs (le terme auto-entrepreneur est obsolète) échapperaient bien.

La législation ne les y oblige pas, mais le recours aux services d’un expert-comptable est vivement conseillé aux microentreprises. Quelles sont les missions à confier à un expert-comptable en tant qu’auto-entrepreneur ?

AUTO-ENTREPRENEUR : EXPERT-COMPTABLE OBLIGATOIRE POUR VOTRE ACTIVITÉ ?

Aucune législation en vigueur n’oblige les entreprises à faire appel à un expert-comptable pour la gestion de leurs finances. Elles sont libres de gérer leur comptabilité comme bon leur semble. Y compris les microentreprises. Autrement dit, en tant qu’entrepreneur, c’est à vous de décider si vous préférez déléguer cette tâche ou la faire vous-même.

Cela dit, si ce n’est pas obligatoire, cela reste vivement conseillé. La comptabilité et la gestion de trésorerie sont des tâches ardues, complexes. Indispensable pour garder et le contrôle et la visibilité sur ses dépenses professionnelles, la bonne gestion de la comptabilité peut rapidement empiéter sur les autres projets de l’entreprise. Surtout les tâches à faible valeur ajoutée, comme le traitement et le paiement des factures fournisseurs, les relances, l’archivage, etc.

POURQUOI RECOURIR AUX SERVICES D’UN EXPERT-COMPTABLE POUR SA MICRO-ENTREPRISE ?

Commençons par revenir brièvement sur le statut de microentrepreneur et ses obligations comptables. Le régime de la microentreprise est un régime unique et simplifié. Il s’agit en fait d’une refonte des régimes microsocial et microfiscal. Pour les indépendants qui en bénéficient, ce régime simplifie les démarches de création d’entreprise, ainsi que les obligations de paiement et administratives.

Mais surtout, l’atout principal de la microentreprise, ce sont les abattements forfaitaires qu’elle permet d’appliquer sur le chiffre d’affaires de l’indépendant. À hauteur de :

  • 71 % pour les activités d’achat-revente, fourniture de logement, vente à consommer sur place ;

  • 50 % pour les prestations de service commerciales ;

  • 34 % pour les prestations de service libérales.

Il permet également à ses assujettis d’opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, et d’une franchise en base de TVA. Jusqu’en 2019, les plafonds de revenus annuels de la micro-entreprise étaient relativement bas (82 800 € pour le micro-BIC, 33 200 € pour le micro-BNC au 1er janvier 2018). Des seuils peu élevés, qui permettaient de simplifier considérablement la gestion comptable des auto-entrepreneurs.

AIDE COMPTABLE AUX AUTO-ENTREPRENEURS : CE QUI A CHANGÉ EN 2020

Hausse des plafonds de revenus

Les choses ont changé le 1er janvier 2020. La législation a rehaussé les plafonds de revenus pour l’application du statut de micro-entreprise. Ceux-ci sont désormais de :

  • 176 200 € maximum pour les entreprises dont l’activité principale est la vente de marchandises, d’objets, de fournitures de denrées (à emporter ou à consommer sur place), ou la prestation d’hébergement (hôtels, chambres d’hôtes, gîtes ruraux, meublés de tourisme, etc.).

  • 72 600 € maximum pour les prestations de service relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et les professions libérales relevant des bénéfices non commerciaux (BNC).

But de la manœuvre ? Encourager la création d’entreprises, en élargissant les seuils d’application du statut.

Possibilité de refuser la franchise en base de TVA

Mais ce n’est pas tout : la législation a aussi changé pour la TVA. En principe, les auto-entrepreneurs bénéficient d’une franchise, comme nous l’avons expliqué, ce qui les dispense de déclarer et payer cet impôt. Mais celle-ci est optionnelle depuis 2017. Les entrepreneurs qui supportent des dépenses professionnelles importantes (fournisseurs, collecteurs web, etc.) peuvent choisir de s’assujettir à la TVA pour profiter de la TVA déductible.

Micro-entrepreneurs : des besoins en comptabilité toujours plus croissants

Si ces mesures incitatives ont permis à beaucoup de professionnels de profiter du statut de micro-entrepreneur (la création de microentreprises a bondi de 28 % en 2018), elle a aussi complexifié la gestion comptable. Entre un chiffre d’affaires à 30 000 € et à 100 000 €, la comptabilité prend une toute nouvelle dimension.

Pour beaucoup d’entrepreneurs, la question de l’externalisation de la gestion comptable s’est posée. Notamment pour ceux qui :

  • Ont effectivement choisi de déclarer et payer la TVA,

  • et/ou dont le chiffre d’affaires se situe vers les limites du champ d’application du statut de micro-entrepreneur.

QUELLE PRESTATION COMPTABLE EN AUTOENTREPRENEUR ?

Tout dépend de la nature de votre activité et de vos besoins en comptabilité. Généralement, on fait appel aux services d’un professionnel du chiffre pour :

Selon ces besoins, l’expert-comptable peut intervenir de façon ponctuelle, à mi-temps ou sur le long terme. Notez que l’expert-comptable a avant tout un rôle d’audit et de conseil. Il peut assister les microentreprises dans la recherche de financement, la mise en place de leurs projets sur l’année, etc.

Bien évidemment, le recours comptable pour un auto-entrepreneur a un tarif. C’est pour cela que, si vos besoins en comptabilité ne nécessitent pas la présence quotidienne d’un comptable, mieux vaut automatiser certaines tâches comptables avec une solution de gestion dématérialisée, notamment pour tout ce qui concerne la facturation. Cela permet de réduire les frais et de ramener les interventions du prestataire à des tâches à forte valeur ajoutée.

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FOIRE AUX QUESTIONS

Un expert-comptable peut-il être auto-entrepreneur ?

Cette profession est réglementée : pour être comptable à son compte, il faut être titulaire d’un diplôme homologué par l’État. L’exercice de la profession d’expert-comptable relève donc de la profession libérale. Un professionnel qui exerce une activité d’expert-comptable peut bénéficier du régime de la micro-entreprise si ses revenus annuels ne dépassent pas les seuls fixés par le législateur. Au-delà de ce seuil, le statut de micro-entrepreneur n’est plus compatible avec la profession d’expert-comptable.

Existe-t-il des comptables pour auto-entrepreneur en ligne ?

Comme beaucoup de secteurs, l’expertise comptable n’a pas échappé à la digitalisation de sa profession. La recherche d’un comptable pour un auto-entrepreneur s’effectue surtout en ligne. De nombreux cabinets proposent des devis et des audits en ligne, de façon ponctuelle ou pérenne.