L'ESSENTIEL

OCTOBRE 2022

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Temps de lecture : 4 minutes

L’HERBE N’EST PAS PLUS VERTE AILLEURS

C’est une situation paradoxale. Les économistes prédisent une grave récession. Des chiffres semblent l’étayer. Mais, en même temps, les carnets de commande sont bien remplis et la demande est encore là. Nous avons envie de croire que le pire n’est jamais certain.

Pierre, Jérémy et Pierre-Antoine, fondateurs de Libeo

LES INCONTOURNABLES

En France, on adore se comparer à l’Allemagne. Pour une fois, nous faisons mieux (ou moins pire, plus exactement). L’inflation allemande est à deux chiffres alors qu’elle baisse un peu en France à 6,2 % sur un an en septembre. Le tableau est encore plus sombre du côté des prix à la production (tout ce qui rentre dans le processus de production comme l’énergie, les composants électroniques, les matières premières etc.). Ils ont atteint [tenez-vous bien] un record depuis plus de 80 ans à 45,8 % sur un an en Allemagne. En France, la hausse est de 29,5 %. C’est dur à croire, mais il y a bien pire. Les prix de l’énergie et de l’électricité atteignent des niveaux stratosphériques chez notre voisin, avec une progression respective de 139 % et de 175 % sur un an ! Vous avez bien lu. En France, l’augmentation est moitié moindre. C’est déjà beaucoup mais ça ne met pas l’économie à terre. L’Allemagne, longtemps présentée comme un exemple, risque de devenir le nouvel homme malade de l’Europe. Le nombre d’entreprises contraintes d’arrêter leur activité ne cesse de s’accroître.

Comment expliquer ce grand écart entre la France et la plus grande économie de la zone euro ? La France a mis en place rapidement ce qui s’avère être de facto un contrôle des prix de l’énergie qui s’accompagne d’aides ciblées pour les ménages et les entreprises. L’Allemagne a tardé à agir préférant avoir les yeux rivés sur le déficit budgétaire. Cette erreur va se payer en points de croissance. Il y a parfois du bon à être de ce côté-ci du Rhin.

LES DÉCOUVERTES

Période oblige, nous nous sommes plongés dans le Projet de Loi de Finances (PLF) 2023. Il y a une bonne nouvelle en demi-teinte : la baisse des impôts de production est enclenchée mais elle se fera non plus en un an mais en deux ans. La raison évoquée : la crise économique. Cela va passer par la suppression de la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE)*. Pour faire simple, la CVAE est une taxe sur le chiffre d’affaires (puisque son taux en dépend). C’est l’exemple même de l’impôt dommageable du point de vue de la compétitivité puisqu’il s’ajoute en cascade à toutes les étapes des chaînes de valeur. Sa suppression va représenter un gain de 8 milliards d’euros pour l’économie française. C’est une bonne nouvelle pour tout le monde, mais en particulier pour l’industrie manufacturière, les services industriels et les transports où il pèse plus fortement.

Le PLF contient aussi quelques...surprises. La redevance télé n’a pas complètement disparu. Dans le PLF apparaît la ligne ‘Avances à l’audiovisuel public’ pour un montant de 3 815 713 610 euros, très précisément. C’est avec nos impôts. Sachez par ailleurs que l’État s’attend à ce que nous payions 684 315 071 euros d’amendes de stationnement et de PV pour excès de vitesse l’année prochaine. A Bercy, on aime ce qui est précis.

LE CHIFFRE DU MOIS

C’est la hausse moyenne du coût total employeur en 10 ans pour l’emploi d’un collaborateur au salaire médian (autour de 1900 € net par mois de nos jours). La situation est pire si on monte dans la grille des salaires. Les charges patronales à elles seules sont, en général, deux à trois fois supérieures à celles de nos voisins immédiats pour les emplois les plus qualifiés. Cela explique évidemment les écarts de salaire net que nous pouvons constater. Par exemple, un jeune diplômé d’une grande école gagnera jusqu’à 25 % de plus dans les autres grandes capitales occidentales qu’à Paris.

En France, beaucoup a été fait pour baisser les charges sur les emplois non qualifiés (pacte de responsabilité et de solidarité en 2014, nouveau dispositif relais à partir de 2019, par exemple). En revanche, l’allègement des charges pour les plus qualifiés est un tabou. Pourtant, une baisse des charges patronales de l’ordre de 10 % à 15 % est nécessaire. Cela permettrait de limiter la fuite des talents [une urgence] et de positionner davantage notre économie sur le haut de gamme [ce qui réduirait notre déficit commercial]. #OnGardeEspoir

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LE SAS DE DÉCOMPRESSION

En octobre, on fait deux trucs. Le premier, c’est d’aller voir la rétrospective "Edvard Munch : un poème de vie, d’amour et de mort" lorsque nous serons de passage à Paris. Munch est surtout connu pour son Cri, homme hurlant d’effroi dans une composition mouvante et déformée. Mais son œuvre est bien plus riche. L’exposition nous apprend que son Cri existe en cinq versions réalisées sur une période de 24 ans. D’abord réaliste, sa peinture devient de plus en plus mélancolique et tire vers le symbolisme à la fin de sa vie. C’est une belle (re)découverte d’un artiste célèbre mais que nous connaissons finalement peu. A voir jusqu’au 21 janvier 2023. Le deuxième truc que nous ferons, c’est de remettre les pieds dans une salle obscure. Avec Netflix et la Covid, nous n’en avons pas eu l’occasion depuis longtemps. C’est le dernier petit chef d’œuvre du réalisateur suédois Ruben Östlund qui nous a décidé à franchir le pas. Sans filtre est une bombe à fragmentation qui n’épargne personne. C’est méchant, drôle et irrévérencieux. Östlund, entouré d’acteurs tous plus talentueux les uns que les autres, passe au crible le mannequinat, les influenceurs et les ultra-riches sur fond de lutte des classes. Le film a obtenu la Palme d’Or au Festival de Cannes cette année. C’est largement mérité. On adore. #FilmDuMois.

NOTRE ACTU

A partir de 2024, la facturation électronique va devenir obligatoire pour toutes les entreprises. C’est le bon moment pour vous faire partager une bonne nouvelle. Afin que la bascule soit indolore, nous avons lancé en partenariat avec Docaposte, la filiale numérique du groupe La Poste, la plateforme certifiée Scala. Vous pouvez émettre, recevoir, suivre vos factures mais aussi vos paiements et vos encaissements sur ce seul outil. Facile, sécurisé et rapide. Pour en savoir plus, prenez rdv avec Marco ici.

PS : En novembre, L’Essentiel va fêter son premier anniversaire. C’est un grand moment pour toute l’équipe qui chaque mois travaille de concert pour la rédiger. Nous vous remercions pour votre fidélité !

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